Hubert Le Blanc – Defense de la basse de viole (1740)

25 Aprilie 2007 § Lasă un comentariu

In urma unor discutii in blogosfera despre viola da gamba , am pregatit o serie de extrase sugestive din fantasmagorica Defense de la basse de viole contre les hubert-le-blanc.gifentreprises du violon et les pretentions du violoncel a lui Hubert Le Blanc (c. 1695 – c. 1760), Pierre Mortier, Amsterdam 1740. Dupa cum veti putea observa, acest jurist si fanatic meloman insceneaza un veritabil duel intre cele doua instrumente italiene „moderne” si venerabila viola aristocratica franceza. Partinitor, Le Blanc ingora multe realitati de dragul argumentatiei, dar nici macar contradictiile interne nu lipsesc – textul este insa pitoresc, iar vocea sa reprezentativa pentru xenofobia muzicala franceza care avea sa erupa in Cearta Bufonilor, nu peste mult timp…

P.S. In masura in care timpul o sa-mi permita, o sa comentez unele pasaje interesante ca informatie.

<< L`empire de la viole était fondé et puissament établi par le Père Marais. […] Forcroi le Pere venait d`ajouter à l`Empire. […]  La viole s`était vue favorisée par le Roi Louis XIV, le Père Marais pour ses pieces, et Forcroi le Pere pour ses Préludes tirants sur la Sonate [Marin Marais & Antoine Forqueray, n.n.]. L`un avait été declaré jouer comme un Ange, et l`autre jouer comme un Diable.  Fallait-il au sortir de tant d`avantages tomber dans le néant. Quelle chute! Y en eut-il jamais une pareille? […] Le Père Marais et Forcroi ne donnaient qu`une note, mais s`attachaient à le rendre sonore, comme la grosse cloche St. Germain, jouant en l`air ainsi qu`ils recommandaient, c`est à dire ayant donné le coup d`archet, ils laissaient lieu à la vibration de la corde.

 

Sultan Violon, un avorton, un Pygmée, se met en tête d`en vouloir à la Monarchie universelle. Non content de l`Italie, il se propose d`envahir les états voisins… Les deux acolytes de Sultan s`appelaient Messire Clavecin et Sire Violoncelle. Il les était associés pour tempérer son piquant, dont sans eux la pointe se ferait trop sentir. Il se propose de rayer du nombre des Acteurs de musique la basse de viole et la flûte et de s`établir sur leur ruine. Voici la route qu`il tint pour la procurer. Attaquer la Viole, éclater par dessus, parler plus haut qu`elle en même temps, lui sauter dessus le corps. Le violon qui n`était pas Sultan alors, ni si fier qu`il est abordé humblement le Clavecin et le violoncelle et leur dit: Beaux sires, le premier de vous a déjà un établlissement auprès des Dames, que lui procurent les Pièces de Couperin: l`autre est relégué aux Thuyles chez les enfants de choeur, où il n`a que leur touché délicat pour tout flatté. Il ne tiendra qu`à vous, l`un de faire fortune et le premier d`augmenter la sienne. Je vous propose de vous associer à moi et nous porter pour les trois instruments seuls nécessaires en Musique…

[…] Ses défauts de lui, violon, d`être percant et dur, lui tournaient en bonnes qualités dans un endroit vaste ou sa dureté était noyée par celle du violoncelle et son manque de puissance supléé par les cordes à vide du clavecin. Jouant à la nouvelle manière, il se fit admirer, comme il n`avait pas fait au temps de Lully où les coups de l`archet étaient hachés et le coup de hache marqué à chaque mesure. Ici on ne démêlait ni le tiré ni le poussé. Un son continu se faisait entendre, qu`on était maître d`enfler ou de diminuer, comme la voix. […] La résistance toujours à vaincre dans les cordes courtes et grosses extrêmement tendues du violon, exige un exercice continuel pour en dompter la dureté et les doigts ferrés. A cet effect la Nature secourable fait venir au bout, de la corne, comme aux bêtes de charge ou voiture, un sabot.

Somis [Giovanni Battista Somis, 1686-1763, n.n.] parut sur les rangs. Il étala majesteusement le plus beau coup d`archet d`Europe. Il franchit la borne, où l`on se brise, surmonta l`écueil où l`on échoue, en un mot vint à bout du grand oeuvre sur le violon. Un seul tiré d`archet que le souvenir en fait perdre haleine quand on y pense, et parut semblable à un cordage de soie tendu, qui pour ne pas ennuyer dans la nudité de son uni, est entouré de fleurs, festons d`argent, de filigranes d`or entremêlés de diamants, de rubis, de grenats, et sourtout de perles… Geminiani [Francesco Geminiani, 1687-1762, n.n.], d`autant qu`il faut commencer par le jeu le plus fin se fit admirer aussi bien que les Sonates de Corelli, qu`il exécuta. Elles fournirent le fondement de l`harmonie la plus capable d`émouvoir, qui ébranle à la voix les corps sonores. Geminiani fit sed remplissages de notes de son cru à tout sort de desseins. L`esprit était charmé, l`oreille était satisfaite. Les belles auditrices ‚etaient prêtes à tomber en défaillance. […] Les Sonates de Mr. Le Cler [Jean Marie Leclair, 1697-1764, n.n.] étalèrent en pompe la majesté du jeu de violon et la justesse dont il est susceptible.

Le violoncelle, qui jusque là s’etait vu misérable cancre, haire, et pauvre diable, dont la condition avait été de mourir de faim, point de franche lipée, maintenant se flatte qu`à place de la Basse de viole, il recevra maintes caresses; déjà il se forge une felicité qui le fait pleurer de tendresse. […] Mais dès que tout est jouable sur la Viole, et ce par une science de galant homme acquise une fois pour toutes, combien n`est-elle pas préférable aux instruments qui demandent un art asservissant, tels que le violoncelle sur qui la fausseté est à combattre dans un degré effrayant, faussetés renaissantes à chaque pas qu`on les surmonte, telles que les têtes de l`Hydre. Le défaut des cordes, vrais câbles de navire, demande des doigts bottés pour s`en rendre maître.

[Conversation entre la Dame viole et le sieur Violon]

Le prononcé des Dames fut donc que la Viole serait rétablie dans tous ses droits à huis clos et qu`on abandonnerait au violon l`audience publique. L`arrêt definitif des Dames fut que rien n`équivaut dans le monde aux deux basses de viole en parralèle, pour s`acquitter parfaitement du dessus et de la basse.

Cependant, malgré tous ces avantages, le violon rencontra dans la flûte traversière une émule, au point où il ne s’attendais pas, et qui rabattait bien de la bonne opinion qu’il avait conçue de son propre mérite, & donnée aux autres sur la nature du son qu’il tirait. La flûte se trouva mieux déclamée que le violon, être plus maîtresse d’enfler ou faire des diminutions. Après la fin du concert on en remporta cette opinion, que la flûte jouée par Blavet, s’entend, est préférable au premier violon, lorsqu’il s’agit d’imiter la voix, qui ne saurait, comme chacun sait, faire plusieurs tons à la fois. >>

 

Surse: Musicologie.org, notele albumului „Defense de la Basse de Viole”, Ricercar Consort (dir. Pierre Pierlot), RIC 129121, 1993.

 

 

 

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